Impératrice Eugénie – Lettre Autographe Signée au Président de la République Mac-Mahon

Camden Place à Chislehurst

(probablement juin 1873).

Lettre Autographe Signée

Impératrice Eugénie

écrite

au Maréchal et nouveau

Président de la République

Patrice de Mac-Mahon

600

Disponible

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Description

« FAITES RESPECTER UN PASSE QUI FUT LE BERCEAU DE VOTRE GLOIRE »
Lettre autographe signée  » Eugénie  »
au maréchal et président de la République Patrice de MAC-MAHON. 4 pp. in-8.
Le Maréchal Mac-Mahon vient d’être élu Président de la République … L’Impératrice défend avec virulence la mémoire de l’Empereur Napoléon III et apostrophe vivement le nouveau Président de la République .
L’Empire parle ici à la République avec excès et  ressentiment.
« JE VOIS DANS LES JOURNAUX DEPUIS QUELQUES JOURS DES ANECDOTES QUI ONT L’INTENTION
DE VOUS EXALTER AU DÉTRIMENT DE CELUI QUI N’EST PLUS, DE CELUI QUI VOUS FIT EN UN
JOUR MARÉCHAL ET DUC. Je ne puis croire que votre coeur ne se révolte de ces flatteries qui se prodiguent à tout pouvoir, à tout succès.
JE SUIS LA VEUVE DE NAPOLÉON III (*) . SA GLOIRE ET SON NOM SONT À MES YEUX PLUS QU’UNE
COURONNE, PLUS QUE LA FORTUNE. Faites taire ceux qui vous font un piédestal sur une tombe, et songez que [n’a] de grandeur que ce qui a sa base sur la justice.
JE NE VOUS DEMANDE RIEN POUR L’AVENIR MAIS FAITES RESPECTER UN PASSÉ QUI FUT LE
BERCEAU DE VOTRE GLOIRE. Croyez, Monsieur le maréchal, à tous mes sentiments…

Signé « Eugénie« 

(*) : L’Impératrice a appuyé avec force les 3 barres du Napoléon III.. à ses yeux le III mérite le I certainement.

Patrice de Mac-Mahon avait été élu président de la République en mai 1873, alors que Napoléon III était mort le
9 janvier 1873.
Joint, LA COUPURE DE PRESSE AYANT PROVOQUÉ L’IRE DE L’IMPÉRATRICE DÉCHUE, avec
mention de date manuscrite, « 6 juin »
Après avoir rappelé le célèbre mot de Mac-Mahon à la prise du fort de

Malakoff (« J’y suis j’y reste »), le journaliste évoque une autre anecdote concernant le même fait maréchal et duc

au soir de la bataille de Magenta : […] Rentré dans sa tente, McMahon resta seul. Il y a certaines heures où tout
homme, arrivé au faite des grandeurs humaines, aime à repasser sa vie entière. Peut-être celui qui venait d’inscrire un nom de plus à la page d’airain où se lisent Austerlitz et Marengo, peut-être se rappelait-il le jour où, après dix ans
au grade de capitaine, il voulait donner sa démission. Or, à cette époque de sa vie, le nouveau maréchal avait servi
en Afrique sous les ordres de cet autre illustre soldat qu’on nomme Changarnier. Le vainqueur de Constantine était
resté son ami. Alors, il songe à lui annoncer sa fortune et lui écrit ces quelques lignes, dignes d’un héros de Plutarque :
« Mon maitre, on m’a dit d’aller à gauche, j’ai été à droite. Il parait que j’ai sauvé la France. Je suis maréchal et duc.
A vous, merci. Mac-Mahon » […]